Les statues des 12 apôtres et le tétramorphe des 4 évangélistes, créés par l’architecte Viollet-le-Duc, avaient été déposés seulement 4 jours avant le terrible incendie qui ravagea Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019. Situées à l’origine à la base de la flèche de la cathédrale, ces sculptures en cuivre repoussé avec soudures à l’étain n’auraient pas résisté à la fournaise.

Les 16 œuvres d’art monumentales avaient été déposées et confiées à la société SOCRA à Marsac en Dordogne pour y être restaurées.

Destinées à être vues de loin, personne n’avait eu l’occasion de les voir de près depuis leur installation au pied de la flèche, en 1856.
À l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, les 21 et 22 septembre, la SOCRA a donné au public l’opportunité exceptionnelle de voir et de toucher ces statues, devant l’atelier de restauration.

Les sculptures elles-mêmes sont en relativement bon état mais l’ossature intérieure corrodée par le temps était devenue fragile et nécessitait d’être refaite ou consolidée.
Leur couleur verte est due à l’oxydation du cuivre. Au cours de la restauration elles seront repatinées dans leur couleur d’origine, le brun.

La sculpture figurant Saint Thomas a une particularité. En réalité elle porte le visage de Viollet-le-Duc qui s’était lui-même représenté dans la peau de Saint Thomas, patron des architectes. Ce personnage était le seul regardant la flèche au lieu d’être tourné vers l’extérieur comme tous les autres apôtres. Saint Thomas ne croit que lorsqu’il voit. En fait Viollet-le-Duc se retournait sur son propre travail : « C’est moi qui l’ai fait, je dois le voir pour le croire » !

Le coq qui coiffait la flèche a, lui aussi, été qualifié de « miraculé ». En effet, tout le monde se souvient qu’au moment de la chute de l’édifice embrasé, il a été projeté au sol loin des flammes. Cabossé mais non brûlé il a aussi été confié à la SOCRA. Pour l’instant l’intention est de ne pas le réparer pour qu’il soit le témoin de ce terrible événement.